En photographie culinaire, le contenant est presque aussi important que le contenu. Choisir le bon décor n’est pas facile : on s’interroge sur la forme, la couleur, la matière, les proportions. Quelle pièce mettra le mieux le plat en valeur ? Quelle teinte viendra soutenir sa palette ? Quelle assiette saura exister sans prendre le dessus ?
Dans cet article, je vous présente les pièces que j’affectionne particulièrement : celles qui me fascinent déjà seules et qui, une fois intégrées à une composition, donnent une toute autre dimension à l’image.
Comment je sélectionne mes pièces
Je n’achète pas forcément une pièce parce qu’elle est belle seule, mais parce que j’imagine déjà ce qu’elle peut apporter dans une image.
Sa forme
Ronde, anguleuse ou abstraite, la forme influence directement la composition. Les formes douces, comme le cercle, encadrent naturellement le plat et apportent de l’équilibre. À l’inverse, des lignes plus franches, comme celles d’un triangle, créent du mouvement, introduisent une rupture et peuvent guider le regard dans l’image.
Ses proportions
Une petite assiette peut donner de la générosité à une portion, tandis qu’un grand plat laisse davantage respirer les ingrédients. Je sélectionne toujours la taille de la pièce en fonction du cadrage et de ce que je souhaite raconter.
Sa couleur
Tons froids, chauds ou neutres, la couleur du contenant doit dialoguer avec celle du plat. Je peux choisir de créer un contraste, de prolonger une teinte déjà présente ou, au contraire, de faire disparaître le contenant pour laisser toute la place au plat.
Sa matière
Grès, porcelaine, verre, bois, métal, terre cuite… Chaque matière possède sa propre présence. J’accorde beaucoup d’importance à ce qu’elle raconte et à ce qu’elle apporte au décor. J’aime le bois pour sa chaleur, le métal pour ses reflets et son élégance, la porcelaine pour sa finesse et sa pureté.
Sa réaction à la lumière
J’accorde également beaucoup d’importance à la manière dont la pièce va réagir à la lumière. Elle peut la réfléchir et créé de petits reflets, ou alors l’absorber totalement.
Et attention, une pièce parfaite à l’œil nu n’est pas forcément une bonne pièce pour l’image.
Matières et textures
À l’image des fleurs, dont chacune porte une symbolique, la matière d’un objet raconte elle aussi quelque chose. Dans mon travail, j’accorde beaucoup d’importance à ce qu’elle évoque et à l’atmosphère qu’elle apporte à une image.
- le grès : brut, minéral, artisanal, chaleureux ;
- la porcelaine : plus fine, délicate, élégante ;
- la terre cuite : solaire, méditerranéenne, rustique ;
- le verre : légèreté, transparence, fraîcheur ;
- le métal argenté : raffinement, héritage, patine ;
- le bois : chaleur, simplicité, naturel.
J’aime aussi que les pièces ne soient pas parfaitement régulières ni totalement lisses. Chaque craquelure, aspérité, bord imparfait ou trace de tournage raconte le geste et le travail derrière chaque objet.

Les pièces qui accompagnent mes images
Derrière certaines de mes pièces, il y a le travail de céramistes que j'aime et que je soutiens. Des objets façonnés à la main, avec leur irrégularités et leurs nuances, qui trouvent naturellement leur place au fil de mes shootings.
Les céramiques
- Le plat ovale Silène - Albane Trollé
Reperé sur les tables de Bloempott, ce plat m’a tout de suite inspirée. J’aime ses marques uniques, sa matière et ses proportions, qui lui donnent de la présence sans prendre le dessus sur les compositions.


- Les assiettes Daphné, Pâquerette et Capucine - Éloïse Dubois
Chacune de ses assiettes m’évoquent des mises en scènes florales et élégantes. J’aime leur finesse, qui apporte beaucoup de délicatesse à mes mises en scène.

- Les tasses à café - Lisa Bourrette Bourgerie
J’aime particulièrement leur format, qui permet de créer des compositions intimes et délicates. Leur taille les rend aussi très faciles à intégrer dans une scène sans alourdir l’image.

- Les assiettes - Lisa Bourrette Bourgerie
J’apprécie ces deux assiettes pour les univers très différents qu’elles permettent de créer. L’assiette à carreaux m’évoque l’enfance, la nostalgie et une forme d’authenticité. L’assiette noire, à l’inverse, est magnétique, idéale pour mettre en valeur un plat très coloré et créer un contraste fort.

Les pièces chinées
Les pièces chinées ont une place particulière dans ma collection. J'aime leur patine, leurs imperfections et les histoires qu'elles portent. C'est une belle façon de privilégier le seconde main et de donner une nouvelle vie à des objets déjà existants, oubliés dans un placard ou dans une ressourcerie.
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En métal
Coupes, argenterie, coquetier, plat.. Le métal est revenu en force ces dernières années. J'apprécie sa polyvalence, sa capacité à s'intégrer à des mises en scène très différentes et la touche distinguée qu'il apporte. Et autre avantage, ces pièces se trouvent facilement en seconde main.
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En bois
Limonadier, fouet à manivelle, fil à fromage...Ce sont des pièces qui me ramènent aux cuisines familiales, à ces objets hérités ou transmis que l'on continue d'utiliser et qui se patinent avec le temps. J'aime l'histoire qu'ils portent et la profondeur qu'ils apportent à mes mises en scène.

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En céramique
Pot de lait, plat à tarte, terrine... Des pièces en porcelaine ou en terre cuite, symboles d'une cuisine plus traditionnelle, généreuse et familiale. Simples en apparence, elles racontent une façon de cuisiner chaleureuse, ancrée dans le quotidien.
Les pièces rapportées de voyage
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Les céramiques japonaises
Bol à ramen, natte en bambou, baguette. Une vaisselle et des accessoires plus spécifiques qui permettent de contextualiser certaines recettes et d'ancrer leur mise en scène dans un univers précis.
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Les azujelos de Porto
Des carreaux de céramique peint à la main, que j'utilise en support, en planche ou en dessous-de verre.
